Cystite polypoïde chez le chien : symptômes, diagnostic et traitements


POINTS CLÉS
Qu’est-ce que la cystite polypoïde chez le chien ?
La cystite polypoïde est une inflammation chronique de la vessie caractérisée par la formation de polypes, c’est-à-dire de petites excroissances bénignes issues de la muqueuse vésicale. Contrairement aux tumeurs malignes, ces polypes ne métastasent pas, mais ils peuvent provoquer des symptômes urinaires persistants et gêner le fonctionnement normal de la vessie.
Cette affection apparaît généralement à la suite d’irritations répétées de la paroi vésicale. Les infections urinaires chroniques, les cristaux ou calculs urinaires, ainsi que certaines anomalies anatomiques peuvent favoriser son développement.
Bien que bénigne, la cystite polypoïde nécessite un diagnostic précis et une prise en charge adaptée pour éviter l’évolution vers des lésions plus sévères ou des récidives fréquentes.
Symptômes de la cystite polypoïde chez le chien
Les manifestations cliniques sont souvent proches d’une infection urinaire classique, ce qui explique que la maladie soit parfois sous-diagnostiquée au début.
Les signes les plus fréquents incluent :
- Hématurie (sang dans les urines), visible ou microscopique
- Pollakiurie : augmentation de la fréquence des mictions
- Dysurie : difficultés ou douleur à uriner
- Incontinence intermittente
- Léchage de la zone génitale
- Urines troubles ou malodorantes
Dans certains cas, les symptômes sont discrets et n’apparaissent qu’en phase avancée.
Causes et facteurs de risque
Les polypes vésicaux résultent le plus souvent d’une irritation chronique impliquant :
- Infections urinaires récidivantes
- Cystites bactériennes non traitées ou mal traitées
- Cristaux urinaires (struvites, oxalates…)
- Présence de calculs vésicaux
- Irritations mécaniques persistantes
Diagnostic : comment identifier une cystite polypoïde ?
Un examen clinique ne suffit pas : le diagnostic repose sur une évaluation complète de l’appareil urinaire et l’imagerie médicale.
1. Analyse d’urine
Elle permet de détecter :
- hématurie, leucocytes, protéines
- cristaux urinaires
- infection bactérienne éventuelle
Un examen cytobactériologique (ECBU) est recommandé pour identifier précisément la bactérie responsable d’une infection associée.
2. Échographie abdominale
C’est l’examen clé pour visualiser les polypes vésicaux.
Elle montre typiquement :
- des masses arrondies ou irrégulières,
- fixées à la paroi de la vessie,
- souvent associées à un épaississement inflammatoire.
3. Cystoscopie (selon matériel disponible)
Particulièrement utile pour :
- visualiser directement les polypes,
- prélever des biopsies,
- éliminer le doute avec des tumeurs malignes.
4. Biopsie / analyse histologique
Seule l’histologie permet de confirmer la nature bénigne des polypes et d’éliminer un carcinome transitionnel, tumeur plus grave affectant aussi la vessie.
Traitement de la cystite polypoïde chez le chien
Le traitement dépend de la cause sous-jacente, de la taille des polypes et de la sévérité des symptômes.
Traitement médical
Indiqué lors de formes modérées ou lorsque l’intervention chirurgicale n’est pas immédiatement nécessaire.
Il peut inclure :
- antibiothérapie ciblée après antibiogramme,
- anti-inflammatoires pour réduire l'œdème de la paroi,
- régime diététique spécifique si des cristaux urinaires sont présents,
Le traitement médical seul ne fait pas disparaître les polypes, mais permet de stabiliser l’affection et de réduire les récidives.
Traitement chirurgical
Le retrait de ces polypes vésicaux se fait par chirurgie. Différentes méthodes existent, comme la cystectomie partielle, la biopsie excisionnelle (via cystotomie, en plaçant une pince à la base du polype), ou l’exérèse par cystoscopie.
Recommandé lorsque :
- les polypes sont volumineux,
- les symptômes persistent malgré le traitement,
- un doute existe quant à leur nature,
- des calculs associés doivent être retirés.
La récupération est généralement rapide lorsque l’intervention est réalisée précocement.
Suivi post-opératoire et évolution
Un contrôle échographique quelques semaines après le traitement permet de vérifier l’absence de récidive et l'amélioration de l’inflammation vésicale.
Le suivi inclut souvent :
- surveillance des infections,
- échographies de suivi.
Le pronostic est bon lorsque les causes irritatives sont traitées et que les polypes ont été retirés correctement. Des récidives peuvent cependant se produire dans certains cas chroniques, d’où l’importance d’un suivi régulier.










